Trois escargots et un funambule

Vivre en équilibre, comme un funambule, entre les ténèbres et la lumière, entre le bien-être et la douleur, entre le presque tout et le presque rien, le balancier dans les mains.
Vivre optimiste, malgré la corde raide, la ficelle, le brin de laine qui relient nos vies, nos souffrances.
Avoir confiance dans le futur, dans les autres, dans l’amour.
Et observer l’escargot, sa maison vers le sol, qui demande à ses compagnons : "Pourquoi ne tombe-t-il pas celui-là ?"

Je suis comme un funambule qui avance au gré des turbulences.
Je vais un coup vers la gauche, un coup vers la droite, mais j’avance tout droit vers la ligne d’arrivée.
Ça prend du temps.

Les escargots m’évoquent un dicton, il faut partir à point pour arriver à son but.
Ça ne sert à rien de se précipiter, le temps fait son œuvre.

Fais attention, fais attention à toi !!!
Car tu pourrais tomber de ton fil.
Es-tu conscient que ta vie ne tient qu’à un fil ?
Et en ce moment, tu fais ton pitre !
Tu marches sur un fil à hauteur des nuages
Moi, à l’école, j’étais dans les nuages.
Mais toi, ce sont de vrais nuages.
Fais attention, fais attention à toi
Car tu pourrais chuter
Et j’imagine l’atterrissage
Enfin, je préfère ne pas l’imaginer
Étalé comme une crêpe
Ou complètement ratatiné
Tu as pourtant l’air assez serein.
Mais fais attention, fais attention à toi !!!
Tu ne sembles pas avoir de parachute !
Chuter à cette hauteur, ça ne pardonne pas !
Que veux-tu exactement ?
Décrocher la lune ou décrocher le soleil ?
Je ne vois aucun astre.
Es-tu conscient que tu pourrais mal finir ?
Fais attention, fais attention à toi !!!
Ça ne doit pas être la première fois
Que tu avances sur un fil.
Je pense que tu es un professionnel.
Que tu sais ce que tu fais,
Mais le risque zéro n’existe pas.
Tu ne sembles pas avoir le vertige,
Mais, moi un peu, en te regardant avancer sur ton câble !

C’est la course aux escargots
Ils sont trois. De gauche à droite, Rémi en première position, Sami en seconde position et Tommy en dernière position.
Le compte à rebours est lancé. 3,2,1… Partez
Le parcours semble long. La couleur de leur coquille est réglementée.
Aujourd’hui, c’est la course aux escargots jaunes. Une couleur assez repérable.
Pour ne pas les confondre, ils ne doivent pas quitter leur ligne.
Ces escargots jaunes courent sur une longue herbe verte. Vont-ils aller jusqu’au bout de leur course ?

Le funambule ( le fun en bulle)

Le fil du temps,
La patience, le défi, le courage, l’humilité.
Il faut prendre des risques pour avancer.

La confiance et la maîtrise de soi peuvent amener
à la sagesse, mais il faut beaucoup d’entraînement
et d’expériences pour y arriver.

Et nous voilà devant la ligne de départ de cette 132ème édition du Grand Prix Gastéropod-racer ! Nos trois derniers finalistes sont Marcel, Lise et Raoul. Tous trois se sont mis sur leur 31 pour cette épreuve qui s’avérera palpitante ! Coquille chromée, antennes parfaitement dressées, bave survitaminée, nos trois champions nous préparent la performance du siècle.

Et on rappelle à nos téléspectateurs que cet évènement est sponsorisé par les laitues Quart-Monde©. *Les laitues Quart Monde©, vous en bavez d’envie*.

Nos trois champions vont maintenant se placer sur les starting blocks. Les moteurs vrombissent, les pilotes enfilent leurs lunettes télescopiques.

Et c’est le top départ !

Hé bien mon ami, te voilà au milieu de ce filin interminable tendu entre ce qui pourrait être deux montagnes invisibles sous les nuages, entre ciel et terre…

« Je ne sais pas ce que je fais là. Un pari stupide, vouloir prouver aux autres, mais surtout à moi-même que je suis capable de réaliser cet objectif, et surtout, je ne peux reculer. »

Ce n’est plus le moment de cogiter le bien-fondé, au milieu de la nuit noire de ce filin qui bouge sous tes pieds. Tu trembles, c’est le moment d’avancer et de marcher avec l’apparence d’une danse un peu absurde.

Maintenant assume ta décision, une dernière fois dans le ciel, promise à ta copine, avec l’espoir qu’elle sera sur la plate-forme d’arrivée,
mais peut-être pas !...

Veux-tu descendre de là !
Tu crois peut-être pouvoir t’échapper ?
Tu as l’air malin avec tes chaussures de ville.
Mais tu te prends pour quoi ?
Pour quel volatile ?
Je crois que tu es un peu trop perché.
Arrête de fumer !

Je me sens libre, personne ne m’embête, est-ce que je prends des risques ? Oui sûrement ! , mais, je me suis entraîné, je peux le faire.
Plus de contraintes, plus de soucis.
Il y a une petite voix qui me déconcentre et je me mets à penser, à rêver à des choses agréables, mais non il ne faut pas !
Il faut que j’arrête de laisser mon esprit vagabonder, il faut rester vigilant et me concentrer.
J’ai quand même hâte d’arriver de l’autre côté et de mettre mes pieds sur la terre ferme.
Mais c’est plus fort que moi. Je recommencerai, car j’aime l’adrénaline. J’aime cette sensation de liberté et d’être maître de ce que je fais.

Eh les copains !!!
Vous connaissez la dernière. Nos cousins de Quimper font le buzz.
Comment ont-ils fait pour venir de Quimper à Guipavas ? ils ont sûrement mis plusieurs années. Il paraît que l’espèce est menacée.
Moi je les trouve quelconques, ils ont une coquille enroulée paraît-il !
Nous on a plus d’allure qu’eux avec notre coquille colorée, c’est plus chic.
Il paraît qu’ils sont très têtus. Ils ont décidé de squatter le terrain de foot. Du coup la construction du nouveau stade de football est arrêtée.
Ils sont costauds quand même nos cousins !!!

Sur la photo, trois escargots se déplacent lentement, chacun dans son couloir, comme si une ligne invisible, infranchissable les maintenait dans leur couloir.
Leur avance régulière me fait penser à des personnes qui tracent leur route sans voir ce qui les entoure. Tout pour elles semble ordonné, aligné. Elles avancent avec une certaine certitude vers une destination qu’elles croient choisir.
Et pourtant, autour d’elles, le monde existe, mais reste flou, presque invisible.

On ne vit pas toutes et tous dans le même monde ...

Libre en équilibre
Funambule de l’incroyable
Libre dans les airs
Le ciel pour tout panache
Et mes pas qui me poussent
Vers la vie ou l’au-delà

Sur des bandes rectilignes sont installés des colimaçons qui se posent des questions.
C’est pour une pub à votre avis ?
Mangez des escargots, c’est plein de fer, de protéines, de vitamines et minéraux.
Mais non, c’est un cliché artistique : ligne directe et nous qui sinuons.
Ben pour moi c’est une course et je pense que je vous devance. Allez, les copains, on rampe.

Mais qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour gagner sa croûte ? La vie ne tient qu’à un fil et je marche sur un câble...

En bas, le monde retient son souffle.

Et moi, je défie le ciel, je cherche l’équilibre sous mes pieds, je touche les nuages de mes doigts, et je respire. Lentement, lentement... Inspirer, expirer. Inspirer, expirer. S’emplir d’air, et peu à peu oublier, oublier, devenir un oiseau.

En haut, là-haut, tout là-haut, tout s’envole. Enfin.

L’image du funambule me fait penser aux paroles de la chanson "Sur Le Fil" de Jenifer :
"Sur le fil de ma vie je me perds parfois,
à chercher l’équilibre je tombe "
La vie c’est comme ce funambule sur ce fil, fragile où on sent que tout peut basculer et que cela ne tient à rien.

Un copain d’enfance qui n’aimait pas les cadences infernales leur aurait dit "Holà ! Hooo... On se calme, on se calme...". Personnellement, je ne suis pas pressé mais vu leur allure, je trouve qu’ils ont l’air de sportifs de haut niveau. Allez petits escargots ! vous y êtes presque !

Les trois escargots appartiennent à l’embranchement des mollusques et à la classe des Gastéropodes. Ils ont tous un nom ; le premier s’appelle Joie, le deuxième est Bonheur et le troisième est Patience. Les trois amis ont vu la salade et ils se déplacent de gauche à droite pour se nourrir. Écoutons ce qu’ils disent.

Joie : Eh ! les amis, avancez vite, sinon la salade jetée par les habitants va être ramassée par les éboueurs. Ça fait quelques heures qu’on n’a pas mangé, on peine à trouver de quoi se nourrir.

Bonheur : Eh ! Oui Joie, tu as raison. Ces éboueurs n’ont pas pitié de nous. Ils ne peuvent même pas nous laisser quelques miettes.

Patience : Eh ! oui les amis. Mais on dit souvent “La patience est l’art d’espérer.” Donc, on arrivera à trouver de la nourriture.

Photos : sources inconnues

Messages

  • Merci pour vos écrits qui tombent à point nommés dans ma vie d’escargot mais aussi de funambule !
    Et oui j’avance comme un gastéropode et assure mes appuis tel un funambule.
    Merci d’avoir mis un peu d’humour, un peu de sourire mais aussi de plaisir dans mon nouvel habitat, cette nouvelle carapace provisoire : Roscoff. Bon pied, bon œil !

  • Je vous lis comme un escargot, lentement mais fidèlement. Vos écrits m’enchantent et me font prendre de la hauteur : merci !

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