Nos infinis

Cela me fait penser à l’illustration de la boite de fromage "La vache qui rit" qui me fascinait quand j’étais petite. Une vache avec deux boucles d’oreilles en forme de la boite de fromage qui montrent une vache plus petite avec aussi les mêmes boucles d’oreilles et ainsi de suite, mais jusqu’où ... je trouvais cela vertigineux cet infiniment petit.
Plus tard, j’ai découvert d’autres exemples, comme le chou romanesco, les alvéoles pulmonaires, les flocons de neige, les côtes bretonnes ... Cette organisation s’appelle les fractales : la même structure se répète dans l’infiniment petit, chaque détail est comme le tout. Mais jusqu’où ? il n’y a pas de fin c’est l’infini.
"L’infini"... Comme s’il n’y avait qu’un seul infini ! C’est pas bientôt fini cette généralité ? Il y a plein d’infinis différents ! Il y en a de de tailles diverses, remplis de différentes choses... Tout ça me ramène aux cours de maths !
Les maths, c’est vraiment bizarre. Mais c’est passionnant. Il se passe plein de trucs étranges quand on regarde vers l’infini. Par exemple, si on cherche dans les décimales du nombre Pi, on peut tout trouver : tous les romans jamais écrits, pas encore écrits ou imaginés mais jamais écrits. Toutes les lettres d’amour qu’on a jamais osé écrire. Ou encore les paroles de Big Bisous de Carlos. Il faudra peut-être juste chercher assez loin !
A.Einstein disait : Je crois que l’univers est infini, ainsi que la connerie.
Encore que pour l’univers je ne sois pas sûr.
L’infini c’est pour moi, la découverte, les sciences, les arts...
6 ans, 7 ans peut-être ? Dans la chambre de la petite maison où nous passons nos vacances, au dessus du lit dans lequel je dors, une sorte de grande gravure un peu pourrie, un peu piquée d’un noir et blanc jauni. Immense. Collée sur un vieux cadre en bois.
Mes deux grandes sœurs dorment à côté de moi. Les trois lits sont collés. J’ai les pieds de l’une sur ma gauche, et la tête de l’autre sur ma droite. Mais nuit après nuit, le cadre me terrorise. Il a quelque chose d’étrange et d’inquiétant.
Dans une immense église ? cathédrale ? un homme est là, seul, immensément minuscule dans un espace immensément gigantesque. Quelque chose ne va pas. La gravure est à la fois très réaliste dans ses détails et complètement irréelle dans ses proportions. Et moi, j’ai peur, j’ai peur. Et je ne sais pas pourquoi. Et nuit après nuit, je ne dors pas.
Quelqu’un a dû finir par comprendre ce que moi-même je ne savais pas expliquer. Le cadre a été déposé et bien caché contre un mur. Et j’ai recommencé à dormir.
Il y a quelques mois, il a refait surface de manière inattendue, en piteux état et démantibulé. Et là j’ai compris. A 6 ans, j’avais été confrontée à l’infini, celui qui écrase, qu’on ne peut comprendre et qui donne l’impression qu’on est seul.
Aujourd’hui, le cadre est accroché sur le mur devant moi, et toutes les nuits nous nous regardons.
Désormais, je vois ce que je ne percevais pas enfant. En réalité, l’homme sur la gravure n’est pas seul. J’ai apprivoisé la peur.
Infini est le nom de l’association qui accueille nos ateliers et qui est devenue partenaire.
Infini, ce nom vient de la contraction INternet - FINIstère. En 1995, date de la création de l’association, c’était le début d’Internet pour le "grand public", et Internet évoquait l’infini par son immensité même si Internet n’est pas infini réellement. Chaque clic ouvre des liens qui ouvrent aussi vers d’autres liens, c’est tellement vaste et en croissance qu’il parait sans limite, on le perçoit comme infini.
L’infini, c’est comme des millions de pixels que tu trouves sur ton écran et comme des millions d’étoiles que tu cherches à observer et comprendre.
Parfois tu réussis et à d’autres moments non.
L’infini n’est jamais fini, c’est comme un perpétuel recommencement.
Et si on pouvait vivre à l’infini, que ferais-tu toi dans cette longue vie ? Moi l’infini m’évoque qu’il faut laisser le temps au temps, pour apprécier les bonnes choses dans cette vie si longue.
L’infini me fait penser à un temps long, trop long, interminable !
L’infini me fait penser aussi à une étendue, un espace qu’on ne peut mesurer, interminable aussi.
L’association du temps et de l’espace représente l’Univers qui est infini.
Il faudrait beaucoup de temps et d’espace, un nombre sans fin de feuilles de papiers pour expliquer totalement ce que veut dire le mot infini ... Mais je n’aurai pas le temps ! Car mon existence n’est pas infinie !
Une petite réflexion :
On dit que nous sommes que de passage sur cette Terre mais après c’est l’éternité, c’est l’infini !
Vu que le temps nous est compté sur cette Terre, le temps nous est donc précieux. Il ne faut pas le gaspiller ! Car il y a beaucoup de doutes sur le temps d’après ! Beaucoup de doutes !
Pour moi,
L’infini est tout, y compris tout ce que je ne suis pas et ne connais pas.
Il est tout ce que je ne peux imaginer, puisqu’on a toujours besoin d’imaginer une fin pour trouver un sens, une logique, ce que l’infini n’a pas, comme le dit son nom.
Il est donc aussi un moyen afin de penser plus loin, de nous pousser à chercher ce que l’on ne sait pas.
L’infini me fait aussi penser à l’espace, et me rappelle à quel point l’univers est infiniment grand et sa taille inimaginable.
Mais cela est peut-être lié aussi au fait que à chaque fois que j’entends "infini", j’entends Buzz l’éclair répéter "Vers l’infini et l’au-delà !".
Mais pour finir, si je ne me fais qu’à sa représentation graphique, l’infini serait un 8 en lendemain de soirée bien arrosée.
L’infini n’a pas de limite en nombre ou en taille. Ainsi ce qui est sans limite ne peut être quantité matérielle. Pour moi l’infini me rappelle une notion mathématique dans la théorie des ensembles au collège et j’avoue que je n’étais pas douée pour assimiler ce langage.
L’infini c’est l’univers, le cosmos qui comprend l’infiniment petit ou l’infiniment grand. C’est peut-être aussi la mer, l’océan et sa ligne d’horizon qui nous parait infiniment loin, inatteignable, inaccessible...
L’infini est indéfinissable mais l’association INFINI qui accueille nos ateliers est, elle bien active et bien réelle.
Enfant, je discutais avec mon oncle, un homme très instruit, à propos de l’espace, de l’univers et du reste ...
Pour répondre à une de mes questions naïves sur l’infini il me fit une démonstration. Ayant découpé deux bandes de papier, il colla les deux extrémités de la première ensemble et me demanda combien de faces avait l’anneau ainsi faites. Je répondis deux, réponse exacte. Il prit ensuite le deuxième morceau et avant de le coller il fit faire un demi-tour à l’une des extrémités. Il me demanda alors de tracer une ligne au milieu du ruban, je m’exécutai et surprise je revins à mon point de départ. Par un simple demi-tour, il avait transformé un ruban de papier à deux plans en une surface à un plan. J’étais sidéré, il m’expliqua alors que ce phénomène s’appelait " le ruban de Möbius" du nom d’un astronome et mathématicien allemand. Cette curiosité géométrique m’a fait appréhender la notion de l’infini.
J’aurais aussi pu parler de l’infini de la bêtise humaine mais je n’ai pas la place ni le temps ni le courage de le faire ici.
Tandis que le mot "INFINI" en majuscule m’évoque l’association qui promeut un internet libre solidaire non marchand et militant et qui héberge nos ateliers Lirécrire et PAPI les jeudi et vendredi matin, le mot "infini" en minuscule m’ouvre un horizon que je croyais ne jamais atteindre.
Un souvenir lointain de lycéenne me revient du fin fond de ma mémoire : "Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie", écrit ainsi l’écrivain Pascal au 17e siècle dans son livre "Pensées".
Ce soir j’observe, dans de bonnes conditions, par la fenêtre, à l’est, un petit espace de l’infini du 21e siècle qui m’est offert, sur fond découpé d’immeubles, de maisons et d’arbres hivernaux.
La nuit tombe et la pleine lune diminue déjà tandis qu’entre les nuages, les étoiles courageuses scintillent en défiant les lumières terrestres.
Je scrute une étoile bleue, n’est-elle pas un satellite créé de main humaine ?
Quelle est cette faveur qu’il m’a été donnée de vivre toutes ces années, sans toujours en être consciente, entre lever de pleine lune le soir et le soleil levant le matin à l’est mais aussi le soleil couchant à l’ouest.
Je suis une privilégiée sans doute, mais ce beau cadeau de la vie m’a aidée à surmonter bien des peines...
Tout
On en mange lentement
C’est plus encore
Peu importe l’intention
Ses impressions
L’écartement des narines
Des mâchoires
Tu n’en arraches jamais
Qu’une petite bouchée
En ouvrant grands les yeux
Une tête sortie de nulle part
Pousse un cri et un rire
Qu’on ne distingue pas
Qui refusent de cesser
Tu te retires
À l’ombre
Pour attendre le silence
La voix anonyme
Du fond d’un rêve
Que personne ne fait
Ce mot me fait penser à plusieurs choses, comme le bijou que l’on offre au début d’une relation, qui est souvent le signe infini de l’amour ou de l’amitié.
Depuis septembre, j’enchaîne plein d’examens pour chercher si je suis dys...quelque chose. C’est une demande de France-travail pour trouver un emploi, et pour moi, ça ne finit jamais, c’est infini !
Il y a des maux, certains viennent du passé, qui veulent rester dans le corps. On a beau essayer de réparer, ça revient toujours, c’est infini !
Les addictions, qu’on veut éliminer, on a l’impression parfois que ça ne prendra jamais fin, c’est infini !
Le vocabulaire n’est pas facile à utiliser, c’est difficile pour écrire pour comprendre. Il y a tellement de mots, c’est infini !
Le travail sur soi pour être bien dans sa peau est à faire tous les jours, c’est infini !
Infini souci de la vie,
C’est ici que j’oublie,
Les mélodies des petits génies,
Mon esprit rempli de théorie,
Qui fuit à l’écrit, parfois c’est joli,
Ensuite je crie dans la nuit,
Mon avis soluble sous la pluie,
Voilà, c’est fini.
L’infini !!!
C’est quoi l’infini ?
Que m’inspire l’infini ?
Le signe huit allongé symbolise l’infini, l’éternité, il ouvre tous les champs des possibles.
Vivre à l’infini, la notion de temps n’existerait plus. On aurait le temps de faire les choses, sans contrainte et de se perfectionner à son rythme.
Je ne tomberais jamais malade. Je serais libre comme l’air.
Ce serait une journée sans fin ; au début cela m’amuserait beaucoup, j’aurais plein de choses à faire, à expérimenter, à explorer, sans avoir de contrainte de temps.
Je programmerais toutes les choses un peu folles que je n’ai pas le temps de faire. Ce serait la nouveauté.
Imaginons l’infini pour les choses agréables, moins pour les problèmes.
Mais c’est aussi voir toujours les mêmes choses, rien ne bouge, on ne vieillit plus. Tout reste immuable. Rien n’aboutirait jamais.
Ce serait un éternel recommencement.
Cela m’ennuierait sûrement, ce serait triste. J’ai besoin de vivre, de rire, de pleurer, de souffrir, de me tromper, Tout cela fait partie de la vie.
Il me manquerait la vie tout simplement.
l’infini...
Quand j’étais enfant, pour moi l’infini représentait seulement l’ "espace".
Mais il y a tellement d’autres choses qui sont infinies.
Les mathématiques.
Le tour du monde, si on est motivé.
Le temps qui passe, l’heure qui tourne.
Je dirais aussi le temps, dans l’autre sens du terme, pour la pluie à Brest, mais plus clairement, le cycle de l’eau.
La paperasse administrative en France.
La pensée, la cogitation.
L’amour que j’éprouve pour ma douce et tendre.
La musique en mode aléatoire, et le temps que je peux passer à l’écouter...
Mais vu la situation de notre monde à l’heure actuelle, je dirais aussi l’écart entre les riches et les pauvres, la montée du fascisme, du racisme, du sexisme, des agressions sexuelles et des mecs qui ne l’admettent pas, des gens qui n’en ont rien à faire de l’écologie ou qui croient faire ça bien en jetant leurs mégots par terre. J’en passe et des pires.
Éric Lagadec et Guillaume Meurice ont merveilleusement bien mis ça en scène, de façon humoristique oui, mais on ne va quand-même pas mettre la tristesse dans les choses infinies !
Et en effet, pour eux comme pour moi, les deux principales choses infinies sont donc l’univers et la connerie humaine !
La définition de « l’infini » a été toujours au cœur des débats des philosophes depuis l’infini. Pour Anaximandre par exemple, c’est le principe fondateur de la réalité. Eh bien, j’irai dans le même sens que lui en disant que « l’Association infini » existe cela fera bientôt 30 ans avec ses principes, ses valeurs. Tous ses principes et ses valeurs donnent à cette association une durabilité dans le temps qui est peut-être infini
Parlant du temps, Héraclite définit « l’infini » par c’est le temps qui est infini. Ce temps est là et sera toujours là.
Pour moi, je peux dire qu’il y a une définition différente de l’infini des écoles de pensée à une autre.
Pour moi, l’infini représente le moment que nous passons ensemble aux ateliers « lirécrire et dire » et « PAPI » ou ailleurs. Le temps que nous passons ensemble où chacun apporte quelque chose comme son sourire, son humour, ses problèmes, sa bienveillance.
Vivons à l’infini !!! :)
Messages
8 février, 14:21, par Cécile B.
Merci infiniment pour ce petit moment de lecture de vos écrits, toujours aussi intéressants à découvrir !