La robustesse pour nous ?

Quand on a subi beaucoup de choses difficiles dans notre vie, on devient forte, solide et résistante donc robuste. Mais c’est pas un choix, c’est une nécessité.

La robustesse, ce n’est pas évident.
Je pense d’abord à un enfant souriant, en pleine santé, qui grandit bien, résiste bien aux maladies infantiles, qui se redresse dans les bras qui l’accueille, c’est très beau. Cet enfant est robuste.

Pour une adulte, sur le plan de la santé, être robuste c’est se remettre d’un accident de la vie, même grave, même si c’est long car peut-être on a un caractère résilient, mais pas toujours.
il y a ainsi des étapes où on est reboostée par des professionnel.les mais aussi par des amies qui ne vous ont pas abandonnée pendant tout ce temps de reconstruction de soi.
Un beau jour vous vous sentez revivre et devenir plus robuste avec bonheur.
Vous travaillez, vous vous engagez dans un mouvement de lutte contre la misère, ou bien dans une association comme l’ACO Association catholique ouvrière, vos amies vous appellent.

Elle exprime pour moi :

Le courage, la volonté, la ténacité, l’abnégation,
La résistance et le combat des gens qui luttent contre la misère.

Le labeur aussi : je n’ai jamais connu de boulots faciles,
Mais quand on a une gosse, on réfléchit pas, on y va.

Il n’y a plus de sinécure que pour les nantis.

La vie est un combat et c’est l’état qui génère les dégâts.
( toujours la bande à Riquiqui ) : texte de J-B Clément. (1870)

Être robuste, ce n’est pas seulement résister, c’est "faire avec" une situation complexe, c’est tenir dans la durée, mais aussi avancer, s’adapter en essayant de transformer la réalité.

Et bien évidemment je pense aux personnes dans la grande pauvreté, la précarité, la robustesse pour ces personnes est une nécessité.
Face aux difficultés du quotidien, aux injustices, aux jugements, à l’indifférence, ils elles tiennent bon. Ils elles inventent des solutions, ils elles sont ingénieux.ses. Ils elles transforment les freins en leviers.
Souvent ils elles évoquent la débrouillardise, la solidarité, mais c’est plus que cela. Leurs savoirs d’expérience sont précieux et devraient nous inspirer, nous éclairer nous aider dans cette époque troublée.

Mais la robustesse rendue indispensable ne doit pas masquer les violences sociales, les choix politiques qui ont conduit à cette époque si troublée !
Refusons que la robustesse serve d’excuse pour faire avec l’inacceptable.

L’ivresse de tendresse,
entre finesse et allégresse,
renonce à la paresse,
et mène à la sagesse.

Les promesses de vitesse,
entre gentillesse et maladresse,
renoncent à la politesse,
et mènent à la robustesse.

La finesse de l’espèce,
entre délicatesse et tristesse,
renonce à la kermesse,
et mène à la déesse.

Voilà moi aussi, je connais plein de rimes en S.
Je vais donc écrire un livre qui fera ma richesse.

Robustesse ? Quand ai-je bien pu employer ce mot pour la dernière fois ? L’ai-je d’ailleurs jamais employé ? L’adjectif "robuste" m’est plus familier, mais il appartient pour moi à une époque lointaine, un imaginaire ancien où l’on jugeait important d’être de constitution robuste, d’être fort, d’être costaud... Une qualité qui ne m’intéresse pas beaucoup et à laquelle je préfère la fragilité.

Bref, la robustesse, bof ! J’aurais tendance à penser qu’elle fait plutôt des dégâts. Qu’elle permet par exemple de justifier que, malgré la canicule, on enferme des enfants, et des adultes, dans des salles d’examens surchauffées...

C’est pourquoi, le "retour" en audience de ce mot, de plus en plus employé dans les médias, m’interpelle. J’imagine bien qu’il renvoie à tout autre chose : résister au temps ? vouloir être dans la durée ? s’appuyer sur du solide ?

Alors, vais-je bientôt me mettre à la robustesse ? A voir....

Je me demande si je peux définir la robustesse sans consulter le dictionnaire. Selon, le dictionnaire le Robert : « C’est la qualité de ce qui est robuste ».
Être robuste dans le domaine de l’éducation, c’est de promouvoir la coopération au lieu d’être tout le temps dans la concurrence.
Voici une histoire entre deux collègues de classe dans un lycée. L’un étant présent au cours et l’autre étant absent, il fallait expliquer une partie d’un exercice qui restait flou à celui qui était absent. Lorsqu’il commençait à expliquer la partie de l’exercice à l’autre collègue absent, il découvre d’autres méthodes efficaces pour trouver la solution au problème posé.

Deux contre-vérités à propos de la robustesse :
La robustesse c’est le Titanic ! Il était invincible, insubmersible mais pourtant il a coulé.
La robustesse c’est Jeanne Calment ! elle était l’oubliée de Dieu mais pourtant elle est décédée.

La robustesse c’est Obélix c’est le seul à pouvoir porter un menhir sur son dos car il est tombé dans la marmite, étant petit. Elle contenait la potion magique du druide Panoramix.

La robustesse c’est Popeye qui tient sa force en mangeant des épinards. Ses biceps sont assez impressionnants.

La robustesse est une force physique mais peut aussi être une force mentale. Je pense au tennis où le mental peut compter beaucoup aussi.

Il me vient à l’esprit une fable de Jean de La fontaine : Le chêne et le roseau. Bien qu’elle soit principalement une démonstration de l’effet néfaste de l’orgueil, elle démontre aussi par son déroulé que ce n’est pas parce qu’on pense être robuste qu’un événement de la vie ne peut pas vous mettre à terre et vous détruire.
Parfois il vaut mieux être souple et en acceptation des événements de la vie pour pouvoir y faire face et trouver des solutions.
Chacun le sait d’ailleurs, tout le monde dans sa vie rencontre des obstacles qui paraissent insurmontables et susceptibles de vous détruire moralement ou physiquement. Mais nous autres, humain-e-s nous pouvons trouver les ressources en nous pour aller de l’avant.
Il est peut être vraisemblablement là le secret, être à la fois un chêne et un roseau...

Être robuste, c’est ramasser des coups sur la tête et rester toujours debout.
C’est toujours se battre au quotidien contre les charbons ardents. Quand on nous met des bâtons dans les roues, tu restes toujours positif et tu avances sans jamais te plaindre.
C’est résister à une chaleur surtout en ce moment, c’est être capable de rester debout sans rien dire malgré des heures d’attente aux arrêts de bus. Quand l’employeur prendra-t-il en compte ses salariés ?

Depuis mon enfance, un des endroits qui me fascinent le plus, c’est la forêt. Je m’y sens tellement bien et ces magnifiques arbres avec leur grandeur, leur forme unique à chacun et leurs troncs énormes, peuvent m’évoquer beaucoup de choses, jusqu’à me faire rêver et me mener jusqu’à la Forêt de Brocéliande.
Dire qu’ils sont là depuis un ou plusieurs siècles les rend sacrément robustes à mes yeux. Ils ont vu passer beaucoup de générations d’animaux et aussi d’autres petits arbres, de plantes, de champignons. Mais aussi malheureusement trop d’humains qui les ont coupés par millions.
En tout cas, ceux qui sont toujours là, qui ont résisté à toutes les tempêtes, canicules et incendies sont clairement ce qui pour moi évoque le plus la robustesse.

Pour moi, quand on dit robustesse, je pense à la force physique, à un mur infranchissable, c’est résister, avoir une carapace et ne pas laisser les émotions venir. Je pense à des personnes fermées à toutes discussions, qui ne changent pas d’avis. Ceux qui ont des idées bien arrêtées.

Depuis notre enfance, on nous conditionne à être fort à ne pas laisser ses émotions prendre le dessus.

Être une force de la nature, surtout ne pas montrer ses faiblesses. On fabrique une société où "le faible" n’a pas sa place. Aller toujours plus haut et ne pas se préoccuper de son prochain, c’est une société d’égoïste, du chacun pour soi. On n’a pas le droit de faillir.
Dans beaucoup de domaines : sportif, intellectuel, on se doit de performer, de combattre, d’écraser l’autre.
On devrait essayer d’être comme le roseau , malléable, qui se laisse aller au gré des événements.
On peut avoir des convictions et les défendre, mais non à la rigidité

Je n’ai jamais été fan des métaphores issues de la nature. Quand on s’inspire de la nature, ce qu’on propose est immédiatement validé, sans grand recul critique.
Si on ne tombe pas systématiquement dans le biais de "l’appel à la nature" (autrement dit "si c’est naturel, c’est que c’est bien"), j’ai l’impression qu’on s’en approche pas mal.
Et dans les discours des fanas de la Robustesse, des comparaisons à la nature, il y en a toutes les deux phrases. Pour moi, c’est un drapeau rouge (ou du moins, orange foncé).
Par ailleurs, si on regarde le site robustesse.org, parmi les mots mis en avant, on trouve "collaborateurs", "management", "finance"... Un vocabulaire très "business" et qui n’évoque pas franchement la radicalité.
Mon avis (loin d’être fixé dans le marbre) est que la Robustesse est un concept faussement radical, qui se donne des attraits "révolutionnaires" alors qu’il est accueilli chaleureusement par le capital, en se justifiant par des allégories bucoliques un peu bancales.

C’est quoi la robustesse ? Qu’est-ce que c’est être robuste ?
Pour moi la robustesse, c’est la résistance d’un objet face à une pression ou une force. Donc quand on dit que quelqu’un est robuste, c’est que la personne a les capacités pour résister aux différentes épreuves de la vie. Par exemple : Quelqu’un perd son travail, il ne va pas baisser les bras et va tout de suite chercher du travail, ou quelqu’un gravement malade qui va continuer à se battre jusqu’au bout. Cela peut être aussi de ne pas écouter les gens qui nous découragent, croire en soi et faire ses propres choix, dire quand on est pas d’accord...
Donc pour moi robuste est égal à résistant, persévérant.

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