Au boulot

TZCLD, vous connaissez ?
Territoires Zéro Chômeur Longue Durée c’est une expérimentation à l’initiative de ATD Quart Monde en partenariat avec d’autres associations, en cours depuis 2016, sur plus de 80 territoires, qui vise à garantir un accès à l’emploi durable pour toute personne, même les plus éloignées de l’emploi.
Nul n’est inemployable, il suffit d’adapter l’emploi aux personnes.
Le bilan de cette expérimentation est très positif pour les personnes, leur entourage et les territoires. On note même des effets bénéfiques sur la scolarité des enfants des personnes engagées dans cette expérimentation.
Alors, qu’attendons-nous, qu’attendez-vous pour déployer cette expérimentation ? AU BOULOT !
Au boulot ! Sacrée expression ! Allez, au travail !
"Tu fais quoi dans la vie ?" Je déteste cette question, ce n’est pas comme ça qu’on connaît les gens.
Dans notre société le travail fait partir intégrante de la vie. Mais quel travail ?
Le travail c’est la santé ! ben voyons !
Est-ce qu’on vit pour travailler ou est-ce qu’on travaille pour vivre ? Le débat pourrait être long !
Pour ma part ce serait plutôt travailler pour vivre, si c’était possible. Pour commencer j’ai travaillé en restauration jusqu’à ce que les médecins me disent d’arrêter ça, puis à l’usine parce que je ne trouvais rien d’autre, et puis licencié pour inaptitude. Dans tous les cas je n’ai jamais été passionné par mon travail. Heureusement que j’avais des collègues sympas en restauration, ce qui n’était pas le cas par la suite...
Si ma santé ne m’en empêchait pas je travaillerais encore. Ça ne m’empêche pas de vivre pour autant. Et puis du boulot il y en a toujours à la maison quand même. Mais côté financier ce n’est pas la joie...
Il y a des gens qui sont passionnés par ce qu’il font, leur boulot leur plaît et ils prennent plaisir à le faire. Mais pour la plupart, leur boulot est nécessaire voire vital pour eux et leurs proches, même si leur travail ne leur plaît pas et qu’ils ne gagnent qu’une misère. Et pendant ce temps certains amassent des milliards, assis sur une chaise, pardon un beau fauteuil en cuir, sans bouger le petit doigt. Et ce sont eux qui vont nous mettre la pression pour aller travailler, qui vont nous dire que nous profitons trop des aides sociales, mais ce sont surtout eux qui ne savent pas ce que c’est que d’aller au boulot et qui vont nous dire de traverser la rue pour en trouver quand on en cherche ! Allez comprendre... Il y a du boulot !
Thème du jour : Au boulot.
Cela m’a fait penser à la chanson d’Henry Salvador "Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver". Aujourd’hui, ce n’est pas si simple. Avoir un travail pour être bien inséré dans la société. Mais pas avoir un travail à tout prix. Non à l’exploitation.
On est toujours en compétition.
Avoir un bon boulot, qu’est-ce que c’est ?
Dès la naissance, on est conditionné à travailler d’abord à l’école, là, il y a déjà une sélection qui se fait. Pour plus tard avoir un bon travail, les autres, ceux qui n’ont pas de diplômes, ils se sentent rejetés, laissés de côté.
Pourtant rien n’est perdu, on peut rebondir, il faut y croire, croire en soi.
L’expression "Au boulot" se décline sur tous les tons et dans maintes occasions.
A l’usine par exemple ou sur un chantier, pendant ou après la pause, avec un casse-croûte ou une gamelle bien garnie, le chef peut dire sur un ton fataliste un "au boulot, les gars, le travail ne se fera pas tout seul" ou là, un chef honni nouvellement promu dira "allez !!! au boulot, vous n’êtes pas payés à rien faire !".
Je n’ai pas connu de telles injonctions, c’est vrai... car après la pause du repas au self, nous étions 4 travailleurs et travailleuses à nous retrouver à l’infirmerie pour déguster un bon petit café : l’infirmière, l’assistant social, la secouriste lingère, trois collègues sympas, et moi qui oubliais mon bureau de solitaire. Vraiment cette pause bienvenue était aussi bienfaisante.
Je me souviens encore de ce jour où ma collègue lingère parlait de sa maman, et alors que j’embrayais aussi avec ma mère, elle me dit : "mais ! tu as l’âge de ma mère"... Aïe ! dur dur, avec les jeunes, on est vite mis en face de la réalité.
Pourtant à un moment, le plus difficile, c’était pour moi de dire de moi-même : "bon, je remonte travailler... " et jamais : "allez, au boulot".
Plus j’y pense, moins j’aime cette expression, "au boulot" qui sonne comme une obligation, comme une fatalité à laquelle on ne peut se soustraire, particulièrement, et c’est souvent, quand on ne fait pas le métier de ses rêves.
Au boulot, je suis fils d’ouvrier et d’ouvrière,
J’ai commencé comme apprenti à 16 ans.
Je voulais être cuisinier mais il n’y avait qu’une place de serveur au restaurant" L’Espérance".
Mes premiers outils étaient un limonadier et les clés de la cave à vins.
J’ai enchaîné comme barman pendant 2 ans.
Le service militaire de 12 mois en régiment d’infanterie de marine à Châteaulin
pour mes vingt ans (quel cadeau), j’en ai chié mais je m’en suis tiré.
Je voulais faire de la pêche en mer en sortant mais c’était la crise
et les émeutes de Rennes qui ont suivi.
J’ai donc commencé dans une boite d’intérim.
Ma première mission était d’échafauder les pétroliers et Cie...
Un boulot de fous où j’ai tenu 2 ans.
Ensuite j’ai trouvé plein de petits boulots.
Ramasseur de volailles (le pire des métiers que j’ai trouvés)
De la plonge, un peu de cuisine, croque-mort, manœuvre sur les chantiers,
De l’étanchéité en gros œuvre quelques années.
De l’élevage de volailles pendant 3 ans
Et en 2002 je suis parti dans le sud voir ma fille.
J’ai trouvé du boulot rapido en charpente métallique.
Le plus beau chantier de ma vie, plus d’un an.
On travaillait sur l’eau au port de Sète pour rallonger un quai de 300 mètres.
Ensuite, manœuvre en intérim, pose de clôtures au marteau-piqueur.
Manœuvre puis maçon deux ans dans la même boite à Perpignan.
Je suis parti ensuite faire les vendanges à Banyuls.
Il cherchait un porteur, j’ai vite compris pourquoi.
C’est les Pyrénées (faut grimper)
Des grosses suées mais un cadre et une ambiance magnifique.
Je suis revenu, il y a plus de 15 ans, avant le décès de mon grand-frère.
J’ai fait du placo avec mon cousin,
De la peinture avec mon beau-frère.
De l’environnement pendant 1 an où on travaillait avec la débroussailleuse ou la tronçonneuse
Accompagnés des fois d’ un vrai bœuf pour nous aider.
Aujourd’hui, j’ai des petits problèmes de santé
Mais j’ai de quoi m’occuper et des projets.
L’expression " Au boulot" me fait penser à des situations qu’on vit parfois au travail. On cherche du travail et si on en trouve, on est limité au niveau des heures ou parfois on ne trouve pas suffisamment d’heures.
Au boulot, parfois on fait certains travaux à la place des autres.
Au boulot, quand il y a de la motivation, de la joie dans ce qu’on fait c’est génial !!!
Au boulot ! Constance sursaute, elle est dans son lit.
C’était un rêve ou un cauchemar ?
Pour elle, un rêve.
Elle aimerait tant, le matin, entendre son réveil et se dire plus qu’une journée de travail et bientôt le week-end, elle aimerait tant que le week-end soit une vraie coupure dans sa semaine.
Et non, Constance n’a pas de travail, elle cherche, se démène dans des démarches qui n’aboutissent pas, les portes se ferment toujours, elle essaie de ne pas baisser les bras.
Et puis il y a la question anodine qu’on prononce de manière légère et qui résonne en elle : Au fait, tu fais quoi comme métier ? En français, à cette question tu fais quoi ..., on répond je suis .... et là, Constance ne peut répondre que RIEN, je suis RIEN.
Au boulot ! Ou il y a du boulot ! quand il s’agit de beaucoup de travail sur la planche. Quand il faut s’y mettre ! Mais l’accès au boulot n’est pas si simple.
Pour le boulot, on réclame de la rigueur, des efforts physiques ou/et mentaux, de la rentabilité, des compétences, de l’assiduité et aussi avoir la gueule de l’emploi.
Ce n’est pas tout, on exige de l’expérience et des diplômes. Quand on n’a pas d’expérience et de diplômes, on est dirigé vers des emplois précaires, peu rémunérés, épuisants, dangereux parfois, fastidieux et dégoûtants. Ce sont les métiers que personne ne veut faire. Ils sont proposés aux pauvres, aux personnes aux études courtes et en échec scolaire. Ils font des travailleurs pauvres qui survivent au lieu de vivre car les salaires sont très bas. Donc ces travailleurs pauvres se privent de vacances, de loisirs, de restos, de voyages, de vêtements neufs, sautent des repas. Ils ne peuvent pas toujours se soigner les dents car les appareils dentaires (onlay, implants ou dentier) coûtent très cher et sont peu remboursés et les lunettes mais il existe maintenant des lunettes "zéro reste à charge". Les montures et les verres sont les moins chers.
Certains ont du boulot et vivent dans leur voiture.
D’autres se plaignent de douleurs physiques ou de burn out. Le boulot peut nuire à la santé, mais pas que ...
Il permet de rencontrer du monde, il est donc un antidote contre l’isolement et la solitude.
Il permet de ne pas rester sans rien faire et donc c’est un moteur contre l’inactivité. Ainsi, les inactifs occupent leur journée.
Mais, on demande de plus en plus aux travailleurs de travailler de plus en plus et d’accepter de gagner moins. D’où manque de motivation.
Manque de motivation aussi quand les carrières sont de plus en plus longues et l’âge de la retraite de plus en plus tardif.
Il y a du boulot aussi en ESAT pour des travailleurs handicapés, mais les places sont très limitées.
Il y a aussi le bénévolat. On demande souvent des bénévoles car il n’y a pas à les payer.
Au boulot ! AU BOU-LOT !
Mais c’est quoi ce boulot ? Tu as vraiment travaillé ? Tu es sûre que tu as travaillé ? Tu aurais pu travailler davantage, non ? Tu appelles ça travailler ? C’est ça pour toi travailler ?
Combien de fois les avait-elle entendus, ou cru les entendre, ces reproches et ces soupçons ? Combien de fois les avait-elle lus dans les yeux de ceux pour qui travailler, c’est pas compliqué, il suffit de travailler.
Tu veux, tu peux. Tu fais, tu as. Tu apprends, tu sais. Tu traverses la rue, tu trouves.
Du boulot, y en a partout ? Vraiment ? Depuis le temps qu’elle traversait la rue de long en large et dans tous les sens, elle le saurait et elle l’aurait fait savoir.
Alors, là, maintenant, ça allait être non se dit-elle en découvrant ce qui l’attendait dans la boîte à lettres...
L’expression "Au boulot ! " me fait penser à deux choses :
La première, quelque chose qu’on se dit à soi-même ou en groupe de façon positive, pour se motiver, se mettre en action. Cela peut être dit sans que cela soit perçu négativement. Exemple on est à l’atelier d’écriture, on discute du thème du jour, et au moment de passer à écrire on dit "au boulot maintenant".
Cet exemple montre aussi que le travail ce n’est pas que ce qu’on fait professionnellement, pour lequel nous sommes rémunérés. C’est toutes les choses que nous faisons.
La deuxième chose à laquelle cette expression me fait penser, c’est au travail, un patron qui dirait sèchement à ses employés "AU BOULOT", on peut rajouter et plus vite que ça.
Donc cette expression selon le contexte peut être positive comme négative !
Au boulot pour quel horizon ?
Pose-toi des questions,
Et prends une décision !
Au boulot
Le boulot " c’est la santé ne rien faire c’est la conserver "
Le boulot c’est tous les jours, que tu sois mère au foyer, que tu aies un travail qui ne te plaise pas et où tu vas pour des raisons économiques.
Le travail est une question existentielle pour que les liens humains et le lien social soient maintenus.
Moi qui suis dépourvue de travail dû à mon handicap je tiens toujours à préserver ces liens.
Constatation : Dire que les personnes qui sont au chômage ne font pas grand chose c’est faux, nous sommes tout le temps en mouvement, on passe notre temps à des RDV, au téléphone, dans les transports ... la charge mentale te prend la tête au quotidien du matin au soir et même la nuit !
Cela me déprime, à force d’entendre des réponses négatives, je n’ai plus envie de faire quoi que ce soit même si ça peut me faire du bien.
Mais quelle idée ! Le boulot c’est fini, enfin presque...
Heho, Heho "on rentre du boulot" quelles sont les significations de cette expression.Celle-ci fait souvent référence au travail.
Quand on "abat du boulot" on travaille rapidement. Faire un petit boulot serait faire un travail mal rémunéré ou de peu d’importance. Se taper un sale boulot impliquerait des corvées.
Métro, boulot, dodo nous conduit dans un train train quotidien.
Cependant boulotter c’est manger et quand on dit "il est plutôt boulot" on pense à quelqu’un d’un peu rondelet. Le boulot est aussi un pain long que fabriquaient autrefois les boulangers ; alors chercher du boulot c’est peut-être chercher du pain, du travail ou les deux...
Allez, "au boulot camarades" de l’atelier.
Au boulot ! ça me fait penser de suite à : tout le monde doit travailler. A ce je jour je me demande comment on va donner un boulot à chaque personne au chômage car dans le monde le chômage augmente.
On peut être jugé comme quelqu’un qui ne peut plus travailler lors de contrôle avec France travail. Arrêtons de juger les personnes sans vraiment les connaître, nous avons tous des valeurs et des qualités.
Partageons et adaptons les emplois aux personnes.
Il y a du boulot pour en arriver là.
Voilà un ordre bien contraignant, nous poussant à nous remuer !
Peu de personnes aiment leur travail, les contraintes d’horaires, les ordres des patrons, seulement motivées par le salaire en fin de mois, et rencontrer les collègues.
Le boulot structure notre vie.
Alors, peut-être est-ce au moment où on le perd qu’on l’apprécie ou le regrette ?
C’est le cas des chômeurs, des retraités aussi.
Ils en mesurent alors les avantages : les revenus, une certaine sécurité et les relations sociales.
Perdre son boulot, c’est comme être banni de la société.
S’en remettre demande de la force, une capacité de se réadapter à un changement de vie.
Qu’est-ce qu’on appelle "travail" ?
Être actionnaire, ou investisseur, et toucher des dividendes c’est du travail ?
Mais s’occuper d’enfants, faire le ménage, la vaisselle, les courses, ça n’en serait pas ?
Rappelons-nous bien que, si les bourgeois payent des gens pour le faire, alors c’est du travail.
Tondre la pelouse, c’est du travail.
Faire sa déclaration CAF, c’est du travail.
Réparer la chasse d’eau des toilettes, c’est du travail.
Se faire cuire des pâtes, c’est du travail.
Dormir, c’est du travail.
Le boulot qu’est-ce que ça m’inspire ?
De 2019 à 2023 j’ai travaillé en restauration pendant 4 ans, je savais que je n’y resterai que quelques années parce que je voulais découvrir et faire d’autres métiers que la restauration et que j’avais la capacité pour faire d’autres choses. Puis ensuite il y a eu le covid, je pensais à partir pendant le confinement. Finalement j’ai attendu en me disant que je partirais plus tard.
Ce qui ma fait réagir, c’est le fait d’avoir faire un burn- out, il fallait que je parte. Donc en novembre 2023 j’ai démissionné de la restauration, ça a été un soulagement pour moi.
J’ai fait des recherches d’emploi ...en mai 2024 j’ai une PMSMP (période de mise en situation en milieu professionnel c’est-à-dire un stage ), puis de juin à fin septembre 2024 j’ai fait un contrat saisonnier .
En janvier de cette année j’ai commencé une Prépa clé en français et mathématiques, en mai j’ai commencé la Prépa projet en parallèle de la Prépa clé. Je commence bientôt en Novembre une formation qui va durer 5 mois. Je n’aurais pas pensé me remettre dans une formation adulte, la dernière fois cela remonte au lycée. Aussi j’appréhende un peu à me remettre dans les études, est-ce que ça va le faire ou non.
Mais ce que j’en retiens c’est que tout est possible.
Messages
27 octobre 2025, 11:45, par patrick
Diversité des vécus, qualité des écrits : quel beau boulot à l’atelier !
Merci pour cette émotion qui incite à l’engagement pour plus de fraternité !