Journal des confiné.es : semaine 8 / Idées

1 | par Andrée, Clarisse, Françoise, Guy, Gwendoline, Isabelle, Laetitia, Monique , Nadine, Patrick, Sandrine, Valérie

Pour aider les paysans français, acheter des légumes et des fruits en circuit court, le plus possible
Donner plus de revenus ou moins de charges aux personnes les plus pauvres (minima sociaux, APL, ...)
Pouvoir aller chez le médecin sans prendre de risque
Que toutes les villes suivent l’exemple de Brest pour les transports (efforts pour les sans ressources)
Interdire de prendre l’avion à l’intérieur de la France quand il y a une ligne TGV
Que les pays riches aident davantage les pays pauvres

Avant tout je voudrais remercier toutes les personnes qui ont pris de mes nouvelles pendant ce confinement.
Je pense qu’on a vu que, en France, il y a bien deux mondes : un monde qui ne se refuse rien et un autre qui vit avec peu de moyens et qui est peu visible.
Au début du confinement on a vu des personnes se ruer sur des denrées alimentaires, du coup ceux qui ont peu d’argent n’ont plus trouvé les denrées peu chères qu’ils achètent habituellement car on fait ses courses en fonction de son porte-monnaie. (Exemple pas de pains ou de steacks hachés en grande surface ...). J’ai eu peur de ne pas pouvoir acheter un paquet de pâtes pour le repas de mes enfants.
De tels comportements sont très individualistes, peut-être faudrait-il faire des campagnes pour dire aux gens qu’ il faut penser aux autres car le partage est le meilleur moyen pour que tout le monde mange à sa faim.
Il y a beaucoup de familles qui n’arrivent pas à faire faire le travail scolaire à distance à leur enfant, et elles n’osent pas le dire ou demander de l’aide pour ne pas exposer leurs difficultés (pas d’imprimante pas de matériel pas de savoir-faire...). Souvent, même en dehors du confinement, les devoirs à faire ne sont pas expliqués avec des mots simples, les parents ne peuvent pas aider leurs enfants et l’enfant prend du retard et les parents se sentent diminués, démunis, inférieurs, on ne va pas dire je en comprends pas ce que vous demandez à notre enfant ... Ne pas oublier qu’il y a des parents qui ne savent pas lire ou écrire .... Certaines écoles proposent du soutien scolaire à l’école mais pas toutes, ne serait-il pas possible que tous les enfants puissent avoir un soutien scolaire gratuit ? Je pense qu’il y aurait plus d’égalité entre les enfants pour le travail de maison. S’il y avait plus de liens entre les centres aérés le péri-scolaire et l’école ça donnerait aux enfants plus de chances de réussir à l’école surtout quand les familles ne peuvent pas aider leurs enfants.

Ce que j’aimerais après le confinement :
Que les gens circulent aux maximum à pieds ou en VTT .
Dans les magasins du gel accessible à l’entrée.
Que les rodéos de voitures Quad soient interdits.
Un règlement et des amendes pour les gens qui jettent leurs poubelles de déchets par les fenêtres.
Davantage de surveillance contre la délinquance.

Relever les minima sociaux de 20% (pour commencer)
Augmenter les salaires des « premiers de tranchées » de 10% (pour commencer)
Augmenter la fiscalité sur les hauts revenus, le capital et les riches successions
Développer les pédagogies collaboratives, ouvertes, en lien avec les parents
Développer l’éducation numérique et garantir un équipement pour tous
Maîtriser les chaînes de production des biens stratégiques
Renforcer fortement l’économe sociale, solidaire et écologique par l’investissement public et l’investissement privé (Emprunt national rémunéré à 1% ?)
Développer avec créativité les solidarités de proximité pour l’attention aux plus vulnérables, l’alimentation (une personne référente par immeuble, comités locaux par sous-quartiers...)
Préférer les épiceries sociales aux structures caritatives de distribution de de nourriture
Dynamiser les villages isolés (services publics, télé-travail, accueil de réfugiés, maraîchage...)
Favoriser le maintien à domicile et en famille des personnes âgées
Conditionner les aides publiques au respect des principes du développement durable
Encadrer les usages de l’avion et diminuer son impact carbone
Mais aussi et surtout jardiner nos vies intérieures, apprivoiser la mort, l’incertain, être à l’affût de la Bonté, de la Beauté... )

Pendant le confinement je me suis rendu compte que c’est difficile de travailler sans les autres. Quand on travaille ensemble on peut s’entraider, discuter ... Mon idée c’est que à l’école plus souvent on travaille ensemble, on apprendrait les uns avec les autres ... les profs nous apprendraient à travailler ensemble.
Avant le confinement je ne faisais pas de cuisine, et comme j’avais du temps pendant le confinement et que je voulais faire plaisir à mes parents, j’ai décidé de faire un peu de cuisine. Faire la cuisine ça tire les mauvaises pensée de la tête, ça fait plaisir à tout le monde, mes parents sont très contents de moi. Après le confinement je continuerai à cuisiner, j’ai envie d’apprendre plus de recettes.
Dans le monde d’après le confinement j’aimerais qu’on fasse plus attention à tout le monde, et que la vie elle soit plus tranquille, qu’il y ait moins de violences entre les gens. Pour cela je propose qu’on se parle davantage, que tout le monde ait assez d’argent pour manger, pour vivre, qu’il y ait du travail pour tout le monde.

Faciliter les transports publics (accès aux billetteries, tarifs pour les personnes à très bas revenus, fréquence des passages...)
Permettre aux personnes démunies d’avoir des forfaits téléphoniques et des connexions internet gratuits.
Faire en sorte que les produits frais soient plus accessibles pour les personnes démunies.
Simplifier toutes les démarches administratives et pouvoir être accompagné par des personnes qui nous rendront les choses faciles.

Continuer demain à respecter les gestes barrière, cela n’empêchera pas d’être proche des amis, on n’est pas obligé de se toucher pour prouver qu’on s’aime.
Renforcer l’idée que j’avais qu’on a pas besoin de beaucoup de choses pour être heureux et pour vivre. Si il y a un objet qui me fait envie, j’attendrais un mois avant d’acheter ; comme ça je sais si l’envie est passagère ou réelle.
Privilégier les circuits cours et les petits commerçants. Les grandes surface ne m’attirent plus, si j’y retourne ce sera vraiment si j’ai pas d’autre choix.
Continuer à faire attention à nos déchets, ne pas gaspiller, réutiliser les sacs, trier et composter.
Profiter d’être en famille, des bonheurs simples. Sur ce point le confinement aura vraiment changer les choses pour moi. Je n’arrêtais pas de courir après je ne sais quoi...
Remercier, comme il se doit les soignants, leur donner les moyens qu’ils demandent depuis longtemps, car là si le gouvernement ne le fait pas, j’irais dans la rue, et je pense que je ne serais pas seule.
Penser également à tous ceux qui ont continué à travailler, qu’ils soient récompensés eux aussi.
Pour finir, j’espère qu’il y aura plus de solidarité, en tous cas moi je m’investirai plus dans les associations.
Respecter les autres et que tout le monde ait sa place est ce qui est le plus important pour moi dans l’après confinement.

Le monde d’après, l’après … On sent frémir la « reprise » et ce terme me fait peur car reprendre c’est retrouver refaire repartir ... La crise n’a fait que mettre en lumière des dysfonctionnements, révéler les énormes inégalités ... Tout ce qu’on semble découvrir on le savait, de nombreux citoyens et citoyennes le dénonçaient haut et fort ! Finalement on s’en accommodait parce qu’on nous disait que cela ne pouvait pas changer, et pourtant là tout s’est arrêté, c’était donc possible ?
Une idée pour nos « dirigeants : certes vous semblez entendre, écouter parfois, mais ensuite souvent rien ... Passez maintenant aux actes notamment pour l’éradication de la pauvreté si chère à ATD Quart Monde, pour la protection de notre environnement !
Une idée pour nous : ayons le courage de ne plus « faire avec » ce qui nous insupporte.
Pour cela ce n’est pas une reprise qu’il faut viser mais une reconstruction.

Continuer à se dire bonjour, à demander des nouvelles, à se soucier de l’autre, dans le quartier et avec nos proches.
Avoir une bonne connexion et une formation à Internet (visioconférences difficiles).
Comprendre ce qui est le plus important : ne pas courir sans cesse après l’argent, le temps, les choses futiles mais profiter de l’instant, regarder le monde, se poser...
Passer du temps avec mes petits enfants, revoir ma mère qui est en maison de retraite.
Ne pas repousser au 36 du mois ou à la Saint Glinglin ce qu’on est en mesure de faire car demain nous ou nos proches ne seront peut-être plus là.
Reconnaitre le rôle majeur de l’hôpital, de la santé, de la prévention ; le gouvernement doit arrêter la casse de notre système de santé, revaloriser les fonctions, être reconnaissant à ces soldats de l’ombre.
Interdire pour les caissières les contrats de travail inférieurs à 30 h de travail hebdomadaire, avec un jour de repos en plus du dimanche dans la semaine.
Interdire le travail le dimanche dans les grands magasins d’alimentation, mais les petits commerces de proximité pourront le faire sur la base du volontariat.
Demander aux employeurs de ne pas tenter de récupérer le manque à gagner résultant de la pandémie.
Consommer local, acheter aux producteurs locaux et aux petites coopératives nos fruits et légumes qui viennent de chez nous.
Garder nos usines et notre savoir faire en France, et préférer un marché français de préférence nationale ou, à la rigueur et sous condition, un marché européen.

Après le confinement il y aura beaucoup de personnes à remonter, il y a eu beaucoup de violences les situations ont changé car les revenus ont diminué. Je propose que ATD soit davantage connu des personnes qui sont en difficulté qui sont démunies, car beaucoup de ces personnes n’osent plus sortir de chez elles, s’isolent, alors que ATD pourrait les aider.
Le bus et tram devraient rester gratuits, c’est comme ça dans certaines villes déjà.
Pendant le confinement, des producteurs ont vendu directement leurs récoltes. J’aimerais que ces ventes continuent et se développent, par exemple avec des paniers de légumes, des fruits et de la viande du fromage, on aurait des produits frais de bonne qualité et moins chers. Peut-être que des associations comme ATD pourraient être mises en contact avec des fermes des producteurs ...
Nous avons vu que beaucoup d’activités ont été proposées gratuitement sur internet pendant le confinement et cela nous a fait découvrir des activités qu’on ne connaissait pas et qu’on aurait jamais fait parce que c’est cher. Les villes pourraient proposer une sorte de carte pour la culture les loisirs à bas prix pour les personnes qui ont peu de moyens. Ainsi il y aurait plus d’égalité entre les gens.
Il faudrait que les élus nous écoutent davantage, qu’on puisse les rencontrer plus facilement pour parler de nos difficultés. Ainsi ils connaîtraient mieux ce que les gens vivent et ils en tiendraient compte dans les décisions politiques.
Pour avoir un logement social, c’est très long l’attente. Il faudrait donc en construire davantage.
Avec le virus on a vu le manque d’infirmières de médecins ambulanciers ... Il faudrait embaucher davantage de personnes compétentes et qu’elles soient mieux équipées et mieux payées pour qu’on soit tous bien soigné.
Pendant le confinement on a vu que c’était important d’avoir un accès internet et des ordinateurs pour pouvoir communiquer, pour que les enfants puissent travailler avec l’école. Il faudrait donc que tout le monde puisse bénéficier d’un accès internet de matériel informatique et de forfaits téléphoniques.

Ce qui a changé pour moi
Prendre le temps de vivre, écouter la nature.
Aller à l’essentiel.
Le fait de ne plus se déplacer en voiture, je retrouve le plaisir de marcher, je rencontre des personnes que je ne connaissais pas mais qui pourtant habitent près de chez moi. On échange davantage, les gens sont plus souriants, plus détendus.
Je suis contente de voir qu’il y a des gestes de solidarité et d’entraide entre personnes (faire les courses pour les plus fragiles etc...).
De changer mes habitudes de consommer. J’ai découvert près de chez moi un cultivateur qui vend ses légumes. je garderai certainement cette habitude après le confinement.
Mais pour autant, il reste encore beaucoup à faire et à changer.
Autour de moi, il y a des gens inquiets pour leur avenir.
Il y a encore beaucoup d’inconnues.
De quoi demain sera fait ?
Auront-ils encore un travail ?

Ne pas oublier l’attention discrète aux besoins des autres, ni la solidarité qui nous a rapprochés aux moments difficiles ! Pendant ce temps confiné, j’ai remarqué de très nombreux gestes de solidarité, proposés spontanément, comme une chose toute naturelle, spécialement entre voisins. En voici deux exemples : nous (trois personnes âgées vivant sous le même toit) avons reçu onze propositions d’aide pour nos courses, propositions toujours sincères, discrètes, sans insistance exagérée. Nous avons eu trois fois recours à cette aide.
Autre exemple : un ami qui répare les ordinateurs me passe un coup de fil : « Connais-tu quelqu’un à qui ils pourraient être utiles, pour les devoirs des enfants par exemple ? » C’est le cas d’une famille de notre immeuble : trois enfants, un seul ordinateur, des disputes ! Affaire conclue. La maman me dit quelques jours plus tard « Tu sais, c’est bien plus calme maintenant pour les devoirs ! »
Que les quartiers qui ont su créer des liens pendant ce confinement, partagent leur expérience avec d’autres qui n’ont pas osé se risquer. Et qu’ils transforment cette « fraternité » créée entre voisins en groupes d’entr’aide pour aller faire des courses, conduire les enfants à l’école, se préoccuper des personnes seules, partager un loisir, n’oublier personne . . . L’avenir de ces quartiers en sera sûrement marqué. La preuve que « faire des choses ensemble », pour la même cause, permet une découverte de l’autre, un meilleur « vivre ensemble ».
Que l’expérience de cette pandémie, qui peut engendrer des peurs, des interrogations, développe une prise de conscience. « Que faisons-nous du trésor irremplaçable qu’est notre planète ? Y aura-t-il encore des « ressources naturelles » quand nous la transmettrons à nos enfants ? « Le temps est venu de transcender la peur en espoir, écrivait Nicolas Hulot il y a deux jours, et de ne plus sacrifier le futur au présent ».
Quelques gestes simples à proposer « en famille » :
- Avant un déplacement se demander : la voiture est-elle vraiment nécessaire ?
- Pour les courses : acheter « local », préférer les légumes non emballés, les bouteilles ou sacs réutilisables . .
- Viser « zéro déchet », recycler ou donner à recycler
- Surveiller ensemble la consommation d’eau, d’électricité . . .
- etc.....