Le journal des confiné.es : Semaine 4

1 | par Clarisse, Fatima, Françoise, Laetitia, Monique , Nadine, Patrick, Sandrine, Sébastien, Stephanie, Valérie

J’ai envie de lancer un coup de gueule. J’en ai marre d’entendre des promesses et de rien voir derrière. Pour les masques qui manquent encore tellement, pour le chômage technique que tout le monde devrait avoir. On est perdus avec toutes les mesures annoncées, et ça change tout le temps... Que c’est compliqué ! L’aide pour la cantine par exemple : il faut que l’enfant soit élève dans la commune où il habite. Alors nous on a rien.
Je pense aussi aux personnes qui soignent les autres et qui manquent de matériel. Elle devraient avoir les moyens de bien travailler !
Ce qui me met en colère encore ce sont les gens qui ne respectent pas le confinement. J’ai entendu que dans certains quartiers, des jeunes restent en bande et prennent des pots dans les tours. Les gendarmes n’osent pas y aller. Et puis je connais des petites entreprises qui risquent de disparaître.
Une dernière chose qui m’a agacée : la CAF nous a contrôlés sur les revenus de 2018 (ils ont du temps pour ça !). En fait ils s’étaient trompés et ils doivent des sous d’allocation logement... mais vont les verser à notre propriétaire. Alors qu’on a une machine à laver le linge à remplacer !
Une chose bien quand même : la solidarité. Le Secours populaire, les Restos du cœur. Heureusement qu’ils sont là ! Même si cette année la chasse aux œufs du Secours populaire au Bois de Keroual a été interdite.
Nous sommes quand même tristes de ne pas pouvoir fêter Pâques avec la famille rassemblée, comme d’habitude.

Je trouve aussi de plus en plus dure cette 4ème semaine. J’ai hâte de retrouver les après-midi plage, surtout avec ce joli soleil.
Des fois je rêve : j’appelle ma collègue de travail pour qu’on se retrouve faire notre petite heure de sortie autorisée. Je sais que je braverais les interdits en la voyant mais comme on travaille toutes les deux très proches, je ne vois pas le risque ajouté ! Je rêve même de partir du côté de Saint Anne juste pour passer même dix minutes au bord de l’eau. Je sais que c’est interdit et je me retiens. Mais je ne comprends pas bien pour pourquoi ce ne serait pas possible avec mon laisser passer de boulot.
On se croirait en temps de guerre, c’est à devenir fou d’être enfermé !

Le confinement permet aux familles, de prendre d’avantage conscience que la vie reste un trésor essentiel. Que notre union doit être solide pour tous sans exception. Il permet d’apprendre à pardonner du mal qu’on a pu dire ou faire, car ATD nous apporte des valeurs, quand on apprend on avance, nos regards sont différents. Je dirai "ATD notre famille".
Recevoir des appels, des mails, vidéo web cam, du courrier des gens qu’on aime nous consolide, apporte de la joie dans nos familles, réchauffe nos cœurs.
Nous savons ainsi que nous ne sommes pas seul ; il y à la solidarité, rester tous unis les uns les autres car l’amour est un cadeau inestimable.
Une maille en avant une maille en arrière, mais tissons tous, afin de ne pas perdre une maille en chemin .
Nous constatons que les grandes surfaces, ont augmenté les prix, pour nous c’est encore plus dur. Question budget c’est restriction totale .
Pour nos enfants on leur donne ce qu’on peut...

Le temps paraît long de rester chez soi. Je m’occupe en cuisinant, et en préparant mes séjours. Je tiens à remercier des alliés qui me soutiennent : T. d’avoir pris de mes nouvelles mardi matin, M. d’avoir fait le taxi mercredi pour m’emmener aux urgences ophtalmologiques de Morvan. Et oui, être nounou, c’est difficile : je jouais avec un enfant, et il m’a mis le doigt dans l’œil. J’ai souffert pour rentrer en voiture. J’ai donc appelé le SAMU après 16h. Heureusement, il n’y avait personne aux urgences. J’ai un gros traitement qui me fait dormir, je dois mettre des gouttes dans l’œil droit. Vendredi, ça allait déjà mieux. Pour le chômage partiel, je suis pressé d’avoir la réponse. Cela devrait être juste après Pâques. Vivement que l’on reprenne notre vie normale ! Prenez-soin de vous.

« Mieux que des chocolats de Pâques »
Hier, en rentrant de l’heureuse heure de marche quotidienne qui marque mon après-midi (1km de rayon !) je m’entends dire « Regarde dans ta chambre, il y a quelque chose qui t’attend »
Il y avait quelque chose, en effet : joliment peint sur une carte de bonne taille posée sur mon oreiller, il y avait . . . un petit chat, qui avait l’air de m’attendre ! Intriguée et attendrie, je me saisis de la carte, et au dos, je lis : « En ce temps de confinement, je passe mon temps à dessiner. . . Je pense bien au groupe . . . Je vous souhaite une bonne fête de Pâques » avec une signature.
Bien sûr, je la connais bien, cette jeune femme : elle vit seule, elle a encore, actuellement quelques heures de travail par jour, mais il lui reste de longs temps libres. Alors, elle met en œuvre ses talents de dessinatrice . . . et son désir de faire plaisir ! En guise d’œufs de Pâques – que l’on trouvait jadis dans nos jardins le samedi saint - elle apporte dans nos maisons un peu de son talent et de son amitié.

Cette semaine, c’était bien car j’ai bien avancé mes devoirs j’ai eu de l’aide. Demain c’est les vacances, comme je n’aurai pas fini tous mes devoirs je vais encore travailler. J’ai aussi fait de la cuisine, j’ai fait des croque-monsieurs avec ma maman. Ma maman m’a proposé d’en faire, j’ai dit oui car je n’en n’avais jamais fait. J’ai mis du pain du beurre, du jambon après j’ai fait de la béchamel et j’ai ajouté du fromage. Nos croque-monsieurs étaient trop bons ! J’aime bien faire la cuisine donc ce soir je fais un far avec ma maman, c’est moi qui vais mesurer la farine, le sucre, le lait avec un verre doseur. J’aime bien le far car quand ça cuit ça sent bon.
Il a fait beau et chaud toute la semaine, du coup j’en ai profité pour aller dehors devant la maison.
Pour moi le temps en confinement avance plus vite. Je trouve que c’est moins difficile à vivre que les dernières semaines parce que je fais plus de choses en plus de mes devoirs.

Je lis davantage, toujours à l’affût de lignes qui me guident, me consolent ou m’exaltent. J’aime ce principe d’être à l’affût. J’ai été servi en lisant « La panthère des neiges » de Sylvain Tesson, écrivain aventurier et philosophe. Depuis, tourne dans ma tête une phrase simple et profonde qu’il tient de l’écrivain Jacques Chardonne : « Vivre dignement dans l’incertain ». Cette phrase fait si justement écho à notre période que j’ai eu envie de la partager. Je la dédie au confiné inconnu, solitaire et souffrant, et j’écris :
Ta solitude se laisse envahir de larmes
le silence est l’écran des griffures de ton âme
tu veux paraître fort et serein, te retiens
de crier à ta fenêtre que tu ne veux plus rien
plus rien avec toi que des êtres humains de chair
à prendre dans tes bras. Je sais tu manques d’air
de liberté, tu rêves de riants lendemains
Il te faut vivre dignement dans l’Incertain...

Je suis debout comme toujours à 7H le matin. Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt !... Je ne tiens plus dans l’appartement car j’ai besoin de faire du sport, du vélo d’appartement, comme à l’hôpital de jour. Je suis très sportive, très souple ! Mais je ne peux pas m’acheter ce vélo car je n’ ai pas assez d’argent. C’est difficile de faire des activités quand on est seule. J’ai besoin d’être en petite équipe. Je n’aime pas quand il y a trop de monde non plus.
Je suis comme un baromètre, avec la pression qui monte et qui descend
Ma banque est fermée et je ne peux pas prendre assez d’argent avec ma carte.
C’est pour cela que je suis stressée et malade. Voilà mon histoire..

En confinement, on rencontre quelque difficultés car pas d’imprimante pour le travail de mon fils. Mais à part ça, tout va bien du moment que les personnes sont en bonne santé c’est le principal. C’est vraiment dommage qu’on ne puisse pas sortir dehors avec ce beau soleil, ça ferait du bien pour aérer l’esprit, prendre une bouffée d’air.

On commence à entendre parler de déconfinement. Moi je préfère ne pas encore commencer à y penser et rester concentrée sur le confinement car l’attente fait que le temps passe moins vite.
Je continue donc à vivre confinée avec les pauses autorisées en extérieur. A ces moments-là, je trouve étrange de mettre des chaussures, de me munir de mon attestation, de ma pièce d’identité, cela fait un peu expédition. Faire les premiers pas dehors est un peu étourdissant et puis la marche redevient automatique. Sentir que son corps se détend procure un bien-être et quand en plus le soleil est là, cela devient un vrai bonheur.

Je trouve de plus en plus dur le confinement : être enfermée, ne pas pouvoir aller voir mon papa mes sœurs ! Heureusement qu’il y a les téléphones mais ce n’est pas pareil. J’ai hâte que ça revienne à la normale.