Chers Chères Gilets jaunes

1 | par Claudie, Monique A, Nadine, Patrick, Sandrine

Cher Gilet jaune,
merci de mettre enfin les plus démunis en valeur, car moi aussi je suis comme vous. Rien ne vaut un grand rassemblement pour faire bouger les choses. Moi aussi, ras-le-bol de toujours payer !
Il faut remettre enfin le citoyen au centre de la société !

Chers gilets jaunes...
Il est délicat de s’adresser à des personnes que l’on connaît mal et qui ont tant de visages différents. Si tu cries « Au secours, je coule ! » je ne peux qu’être avec toi. Et c’est à toi que je m’adresse ici. Tu demandes plus de justice, moins d’inégalité. Je sais que c’est la condition pour emmener tout le monde dans la transition énergétique, urgente et nécessaire.
Ta colère, je la reçois comme une gifle contre ma modération, mes indignations douces, mon impuissance.
Il faudra vivre et consommer, et produire autrement, mais comment l’entendre quand on se bat pour se loger, se nourrir et vivre tout simplement. Tu nous invite à inventer une autre politique. Alors bon courage à vous, et à nous !

Cher Gilet jaune,
demain sur Brest, il y a une grande manifestation partant de la Place de Strasbourg, mille personnes sont attendues ; le départ est à 13h30 en haut de la rue Jean Jaurès. Si ça continue à ce rythme là, nous arriverons comme en mai 68... Le gouvernement n’est pas près à céder.
Je suis pour et contre. Je suis pour puisque le monde bouge, mais contre car j’ai peur de la violence.

Chèr.e.s gilets jaunes.
Le jaune, la couleur de la flamme. Celle qui vous anime, qui vous pousse dans la rue. Celle qui me pose question aussi.
J’aurai aimé voir d’autres gilets sur les ronds points : les gilets verts pour la transition écologique, les gilets rouges pour les coquelicots, les gilets blancs de l’Aquarius, les gilets roses, les gilets mauves, les gilets noirs…
Le monde porte un gilet au couleur de l’arc-en-ciel. Chacun arbore sa couleur. Celle-ci change au gré de notre vie. Et si déjà nous prenions le temps de regarder, de voir, d’observer la couleur du gilet de notre voisin et d’en échanger ?

Chers et chères gilets jaunes
On vous voit partout.
Qui êtes vous ?
En lisant des articles, en regardant des reportages, vous semblez ne pas entrer dans une case sauf celle « on n’en peut plus de cette vie ; on ne veut plus survivre ; on veut vivre autrement. »
Vous semblez déterminé.es, votre organisation qui apparaît inexistante laisse entrevoir une autre forme de riposte qui interpelle : le terrain prend la parole.