Je suis fier.e

(actualisé le ) par Andrée, Françoise, Guy, Gwendoline, Marie-Claire, Nadine, Patrick, Sandrine

Je suis fière, heureuse quand je vois qu’avec le groupe ATD, on arrive à se faire entendre, changer les regards, sensibiliser les autres et les institutions aux plus démunis.
Je ne sais pas si on peut être fière de la réussite des autres par exemple son enfant ou un proche ? La fierté, c’est quoi ? est-ce que c’est s’attribuer un mérite, comment le savoir ?

Je n’aime pas me mettre en avant.
Je ne sais pas si je suis fière, je ne me pose pas la question, je ne fais pas forcément attention. J’avance, j’essaie de faire au mieux.
J’essaie d’agir selon mes convictions, selon ce que je trouve juste.
Être contente d’un résultat, est-ce être fière ?
Est-ce qu’on se rend compte de sa fierté : "Tu n’as aucune fierté", je n’ai jamais compris cette phrase. Est-ce que cela veut dire qu’on a tort de montrer ses faiblesses, d’être sensible, d’admettre qu’on ne connaît pas tout, d’admettre sa fragilité ?

Gisèle et moi nous sommes fiers d’être mamie et papi. Hier j’ai été fier d’aller avec le "Réso culture" au musée des Beaux-arts pour voir les tableaux sur Brest, les années 1880 et pendant la deuxième guerre de 1940 à 1945.

Je suis fière de faire à nouveau partie du mouvement ATD Quart-Monde qui lutte contre la misère.
Je me sens fière quand je vois des progrès dans la solidarité et la fraternité entre les humains de bonne volonté.
Je suis contente quand je peux rendre service.
Je suis contente quand je peux faire du co-voiturage.

Cela ne me parle pas ... comme je ne suis jamais fière de moi.

Je suis fier ? Rarement, car devant mes « réussites » j’ai plus de gratitude que de fierté. Pas facile d’évaluer sa part de responsabilité. Être fier de ses enfants ? Certes on est heureux quand ils poussent bien et semblent s’accomplir, mais quelle est notre part ? De plus, affirmer devant les autres sa fierté peut devenir de l’arrogance... et je n’en serais pas fier !
Si je cherche bien, je crois qu’il y a deux moments de ma vie qui m’ont rendu vraiment fier : quand j’ai eu l’idée de demander aux élèves des quinze pays d’ Europe d’inventer une devise pour l’Union européenne et que ça marché : 2600 classes ont participé et la devise « L’unité dans la diversité » a été proposée au Parlement européen, le 5 mai 2000. L’autre moment de fierté : quand j’ai initié et animé « L’écrit des sans voix » à Brest, surtout quand celles et ceux qui avaient participé aux ateliers d’écriture sont montés sur scène au Quartz et qu’ils ont lu des textes devant 700 personnes à l’occasion de la Journée du refus de la misère de 2010.
Et puis il y a des moments de fierté intérieure, teintée de gratitude. Par exemple d’avoir pu jardiner un amour durable dans mon couple. Mais c’est surtout de la gratitude teintée de fierté. Et ça ne se dit pas trop...
Et puis il y a tant de fois où je n’ai pas été fier...

Je suis fière intérieurement lorsque je sens une bonne ambiance ou quand je réussis dans la vie. Par exemple quand je fais des efforts pour me déplacer et que j’y arrive. Je suis fière de voir les personnes souriantes.

Fière. Il y a quelques jours, j’ai eu l’occasion d’éprouver une grande fierté devant une émission de télévision (Les rencontres du Papotin). Il s’agissait d’une rencontre assez inhabituelle : une dizaine de jeunes souffrant d’un handicap mental rencontraient un chanteur renommé, Julien Doré.
Après écoute d’une ou deux chansons, les jeunes ont été invités à poser au chanteur leurs propres questions. Ils ont été sept ou huit à s’exprimer. Chacun s’avançait jusque devant le chanteur et lisait sa ou ses questions, soigneusement préparées, rédigées dans son langage à lui.
A chacun, le chanteur a répondu, trouvant des mots simples, son regard, attentif et respectueux, rencontrant celui de son interlocuteur. Un véritable échange, en profondeur.
A la fin de la rencontre, le chanteur, très ému, a adressé au groupe son « au revoir » à peu près en ces termes : « Il y a souvent des personnes qui viennent me poser des questions sur ma vie, sur mes chansons, mais je peux vous dire que vos questions à vous sont entrées en moi plus profondément, un peu comme des flèches, et que notre rencontre d’aujourd’hui restera pour moi très importante. »
Vous ne trouvez pas qu’il y a lieu d’être fier que des moments comme celui-là puissent exister et que la télé nous invite à les partager... ?