Isolement, solitude ...

par Andrée, Françoise, Guy, Gwendoline, Marie-Claire, Monique , Nadine, Patrick, Sandrine

Être isolé c’est quand on est loin de ce dont on a besoin, ou de ceux que l’on voudrait voir en chair et en os. C’est surtout une question de distance, de géographie. Parfois on est isolé parce qu’on a pas de moyens de locomotion, de voiture, de vélo, de bus, de tram... Cet isolement, c’est vrai pour soi, mais aussi pour un village perdu dans la montagne. Et pour une ville comme Brest, « au bout du monde », éloignée des grands pôles économiques.
Être seul c’est davantage une question affective, de sentiment. On peut se sentir seul au milieu d’un groupe parce que l’on est incompris ou trop différent. On peut se sentir seul quand la personne que l’on aime n’est pas présente. « Un seul être vous manque est tout est dépeuplé ... ».
Mais on peut parfois vouloir être seul, pour se concentrer sur un travail, pour méditer, pour contempler, par goût du silence. Ce désir de solitude peut aussi être un signe de lassitude des autres, du monde. Alerte, ce peut être le début d’une dépression. Il faudrait savoir rejoindre ces personnes.

L’isolement peut-être choisi pour se permettre de réfléchir, de couper avec la vie trépidante, de saturation, de trop d’information, de trop de sollicitude de toute sorte. Le besoin de se retrouver.
Pour moi la solitude est un ressenti, elle peut-être subie. On n’a pas le choix, çà peut-être un éloignement géographique, un enfermement (hospitalisation ou autre). Ne pas pouvoir communiquer, être seule au monde. Il n’y a rien autour.
La solitude est un mot que je trouve plus fort que l’isolement, car il me semble subi.
La solitude est difficile à supporter, elle peut entraîner un mal être, une dépression.
On a besoin des uns des autres.

Pour moi l’isolement provoque la solitude.
Parfois j’ aime m’isoler pour m’aider à réfléchir sur moi et sur mon entourage.
Habiter loin des grandes villes provoque parfois un isolement qu’on ne choisit pas.
Il faudrait pouvoir maintenir un lien social et de la chaleur humaine pour que cet isolement ne soit pas subi.

Je supporte mal la solitude. Cela fait maintenant 13 ans que je me sens seule. C’est le côté affectif qui me travaille beaucoup. Mais je pense qu’être seule c’est bien aussi car je fais ce que je veux, je vais où je veux.
Mais quel bonheur d’être deux et de bien s’entendre !

24% de la population française sont en situation d’isolement relationnel (source la Fondation de France). La solitude a été "Grande cause nationale" en 2011. La solitude, l’isolement c’est donc un fait de société.
S’isoler ou être isolé.e ?
On peut s’isoler et bénéficier d’un moment de solitude pour réfléchir, se recentrer, se ressourcer, observer ... La solitude pour moi est nécessaire parfois et il est important d’éduquer les enfants à l’expérimenter en leur laissant un endroit, des temps où ils peuvent être seules ou ils peuvent s’isoler.
Par contre l’isolement qui est une rupture du lien social est destructeur, car il peut créer de la souffrance. Pour créer ou maintenir du lien social il faut aller un minimum vers les autres et parfois on ne peut pas on ne peut plus (maladie, précarité, pauvreté ...)
Mais ce n’est pas si simple car on peut aussi souffrir de solitude la solitude est alors subie, et apprécier d’être isolé.e cela peut être un choix de vie.

J’ai des problèmes pour avoir des bus. Ils ne sont pas à l’heure et s’ils ne passent pas il faut attendre 20 minutes ou même 50 minutes. Car dans notre quartier on a 3 bus toutes les 20 minutes et 2 bus toutes les 50 minutes. Donc je suis parfois isolé dans mon quartier.
Par moment, je m’isole pour faire des jeux. J’ai besoin d’un peu de solitude pour faire ce que j’aime, pour être tranquille.

On peut se sentir seul.e au milieu de la foule. Par exemple une personne qui vit dans la rue peut se sentir seule, car personne n’ose la regarder ou discuter, alors que plein de gens passent à côté. Ou comme on peut se sentir seul.e dans un groupe, car pas compris.e ou vue différemment.
Je me sentais isolée pendant le confinement, quand on n’avait pas le droit d’aller à plus d’un kilomètre, on était comme en prison avec le devoir de justifier du moindre déplacement.
Je me suis aperçue qu’on a besoin des autres et c’est dur d’être isolé.e des gens qu’on aime.

Oui, je rencontre malheureusement trop souvent des personnes qui souffrent d’isolement et de solitude. Ce sont des personnes âgées, dont la famille : enfants, petits-enfants, parfois frère, soeurs, habitent loin, et ne peuvent pas venir souvent les voir. Ils sont peut-être restés dans leur maison ou appartement, avec, selon leur état physique, l’aide de différents "services à la personne" : portage de repas, courses accompagnées, ménage . . . ou alors, ils découvrent la vie en EHPAD.. . On dit souvent beaucoup de mal des EHPAD . . . Celle que je connais est parfaitement organisée , la nourriture y est très bonne, et le personnel, très souriant. . . mais ça ne remplace pas la famille, et les journées sont bien longues, passées souvent à l’affût d’un coup de fil ou d’une visite imprévue . ..
Tout ceci, heureusement, n’est pas le cas de toutes les personnes âgées ! Certaines peuvent encore vivre des moments heureux, même en EHPAD ou en logements collectifs. Ce sont celles qui ont encore autour d’elles "quelqu’un à qui parler". , qui ont pu garder certaines activités, retrouver des lieux de rencontre, ou qui peuvent encore manier leur téléphone ou leur tablette . . .
Leur vie relationnelle, l’attention qu’on sait leur porter, c’est cela qui les sauve !

Bien sûr je sais ce qu’est la solitude.
Mais l’isolement connu lors du confinement de mars 2020 en raison du Covid, a été un moment de repli sur soi très difficile à vivre pour beaucoup d’entre nous. Heureusement une grande amie âgée, aujourd’hui décédée, m’a un jour appelée et invitée à sortir de mon appartement pour venir la retrouver dans une chapelle afin de parler. Cela m’a permis de sortir de cet isolement.
Plusieurs mois plus tard, positive au test du Covid, j’ai dû rester isolée une semaine dans une solitude totale. Je n’en suis sortie pas sortie indemne.
Aujourd’hui, j’ai repris toutes mes activités sans en refuser aucune. Les moments de solitude ne disparaîtront sans doute jamais, mais l’amitié, essentielle, est bien présente et j’ai à nouveau compris qu’il faut aller vers les autres tout aussi seuls.