Journal des re-confiné.es n°1 "J’ai besoin d’écrire..."

par Andrée, Guy, Monique , Nadine, Patrick, Sandrine

J’ai besoin d’écrire mais surtout de voir du monde. Deux jours sans voir personne, je ne peux pas. C’est dur de supporter la solitude !
Je tiens aussi avec la télé. Mais L’actualité n’est pas marrante. Aux Etats-Unis c’est le bazar, Trump dit qu’il y a de la fraude, mais il est vraiment bizarre. Je préfère Biden.
Le re-confinement c’est pénible, mais il fallait. ils vont durcir les règles parce que ça va plus mal. Je n’ai pas vraiment peur même si je sais que je suis de santé fragile.
Le terrorisme me fait peur. C’est terrible ce qui se passe. Il faut mettre plus de limites, être plus dur.

J’ai besoin d’écrire pour poser des mots sur toutes les émotions qui m’assaillent, pour qu’elles s’apaisent et se muent en pensées justes, éclairées. Mais c’est beaucoup de travail et il faudrait des pages, du temps ; puis faire le tri entre ce qui me soulage moi et ce qui se partage avec vous. Pour le moment je ne sais pas bien. Si, une chose quand même, qui fait sa demeure en moi, qui m’habite et que j’habite : la Fraternité, à la fois une source d’énergie et une solution commune.
Dans ces temps troublés où l’essentiel est questionné, je ne me suis jamais senti aussi frère en humanité, du destin de chacun et du destin collectif. Frère qui souffre de son impuissance face à la maladie comme face aux dérives mortifères du monde. Son impuissance ? Pas tout à fait puisque les mots et les gestes façonnent ce que nous sommes et préparent ce que nous serons ensemble. Il fallait que j’écrive cela au moins, j’en avais besoin...

Pour ce re-confinement, bien sûr les écoles continuent à être ouvertes, ça c’est bien pour tous les enfants, mais pour les adultes qui sont en formation il n’y a pas de stages possibles. A cause du confinement c’est encore plus difficile pour les personnes qui cherchent à s’en sortir. Je pense aussi à tous ces gens qui ne peuvent pas trouver un emploi car tout est encore plus compliqué.

J’ai besoin d’écrire mais c’est pas facile alors voilà ce que je peux dire sur l’actualité.
Les Etats-Unis ? Je suis content que Trump ne soit pas élu, et c’est pas bien qu’il dise qu’il a gagné, il est mauvais perdant !
Le terrorisme ? C’est pas normal qu’on s’en prenne aux églises et à l’école !
Le re-confinement ? C’est trop sévère pour nous, on devrait pouvoir se retrouver aux ateliers d’écriture ou art plastique, on n’est pas nombreux. En plus on voit des gens qui ne respectent pas les règles dehors !
Sinon pour nous pas de gros changement. Je vais garder nos petits enfants chez ma fille qui habite maintenant tout à côté. Heureusement parce qu’elle a des choses à faire et son compagnon travaille.

Cette première semaine de re-confinement apporte des incertitudes du désordre extérieur mais aussi intérieur car tout est flou, mouvant... pas facile d’écrire.
Ecrire pour être lu est un moteur, une motivation, par contre il faut oser le faire, se lancer.
L’écriture peut être un moyen pour déposer du trop plein, l’écriture peut aussi être une aide pour préciser ses pensées, l’écriture est aussi un outil puissant pour partager ses idées les faire connaître lancer des échanges, garder le contact.
Pour écrire il faut réussir à s’arrêter, se poser, s’installer, et partir de rien la page est blanche.

A t’on le droit de tout dire ?
Aujourd’hui, je suis inquiète, en colère et encore confiné.
Les nouvelles qui nous arrivent nous interrogent, nous font peur.
Pourquoi certains n’arrivent pas à accepter les différences et ne répondent que par la violence (que ce soit au nom de la religion, d’une idée, d’une opinion politique ou autre).
Rien ne justifie la violence.
Pouvons-nous être heureux tout simplement sans vouloir maîtriser l’autre à tout prix.